Plymouth voiture : histoire, disparition et prix en collection

Plymouth Barracuda 1970 orange garée dans un atelier de mécanique, vue de trois-quarts avant

Sommaire

Chargement du sommaire…

Temps de lecture estimé : 7 minutes

Points clés à retenir

  • Plymouth a existé de 1928 à sa disparition officielle en juin 2001
  • La Barracuda a précédé la Mustang de 16 jours en avril 1964
  • Le 426 Hemi développait 425 chevaux sur le Road Runner 1969
  • Les prix en France vont de 13 000 € à plus de 100 000 $ selon le modèle
  • Vérifier la rouille et l’authenticité moteur avant tout achat

Plymouth voiture : une marque américaine née chez Chrysler

Quand un client m’amenait une Plymouth voiture à l’atelier, c’était toujours un moment particulier. Cette marque n’existe plus depuis 2001, mais elle a marqué l’automobile américaine pendant plus de sept décennies. Plymouth appartenait au groupe Chrysler, aux côtés de Dodge et de Chrysler elle-même.

La marque a été lancée en 1928 pour occuper un créneau précis : proposer des voitures fiables à un prix accessible, face à des rivales comme Ford ou Chevrolet. Concrètement, voilà ce qu’il faut retenir : Plymouth a d’abord été une marque populaire avant de devenir, dans les années 1960-1970, synonyme de performance pure.

Trois périodes distinctes

Dans mon ancien atelier, on voyait ça tous les jours quand on discutait avec des passionnés : Plymouth se découpe en trois grandes phases. La première va de 1928 aux années 1950, avec des berlines familiales solides. La deuxième, de 1964 à 1974, correspond à l’âge d’or des muscle cars. La troisième, jusqu’en 2001, est celle du déclin puis de la disparition.

Histoire de Plymouth voiture entre 1928 et 1970

Plymouth démarre fort avec la Model U, présentée en 1928. L’objectif de Chrysler est clair : concurrencer la Ford T sur son propre terrain, celui de la voiture abordable et robuste. La stratégie fonctionne, et la marque grimpe rapidement dans les ventes américaines.

Dans les années 1930 et 1940, Plymouth élargit sa gamme avec les séries Deluxe et Special Deluxe. Ce sont des voitures sans prétention sportive, pensées pour durer et pour transporter une famille sans mauvaise surprise. Sur le papier c’est bien, sur la route c’est autre chose : ces modèles ont pourtant tenu leurs promesses pendant des décennies, ce qui explique qu’on en retrouve encore aujourd’hui en bon état sur le marché de la collection.

Après-guerre, la production reprend et Plymouth consolide sa place de marque généraliste solide au sein de Chrysler. C’est cette base commerciale qui va permettre, à partir du milieu des années 1960, un virage complet vers la performance.

L’âge d’or des muscle cars Plymouth (1964-1974)

Le 16 avril 1964, Plymouth présente la Barracuda, seize jours avant la Ford Mustang. Peu de gens le savent, mais Plymouth a donc techniquement devancé la Mustang sur le segment des coupés sportifs abordables. C’est ce genre de détail qui coûte cher si on le loupe quand on raconte l’histoire du muscle car américain en se limitant à Ford.

Pour visualiser l’ambiance de cette époque et les modèles Plymouth de la fin des années 1950, cette vidéo de Pascal Nicolas (PN Classic) détaille une Belvedere 1958 restaurée, une bonne porte d’entrée avant les muscle cars.

En 1968 arrive le Road Runner, commercialisé jusqu’en 1980. Son argument principal : la puissance à prix contenu. La version équipée du fameux moteur 426 Hemi développe 425 chevaux et 490 lb-ft de couple, soit environ 664 Nm, avec un double carburateur 4 corps. L’option Hemi coûtait 813,45 dollars de plus en 1969, une somme non négligeable à l’époque.

La GTX complète la gamme performance, positionnée un cran plus haut que le Road Runner. L’année 1970 reste la référence absolue pour les collectionneurs, avec la Barracuda, la GTX et le Road Runner tous disponibles avec les moteurs les plus puissants du catalogue Chrysler, dont le 440 Super Commando.

Le 426 Hemi, un moteur à part

Un conseil de mécano avant tout sur ce moteur : le 426 Hemi n’était pas juste un argument marketing. Sa culasse hémisphérique permettait une meilleure combustion et donc plus de puissance pour une cylindrée donnée. C’est ce qui explique pourquoi les modèles équipés Hemi atteignent aujourd’hui des prix bien supérieurs aux versions standards.

Le déclin progressif de Plymouth (1975-1990)

Le premier choc pétrolier de 1973 change la donne. Les moteurs gourmands des muscle cars deviennent un handicap commercial, et Plymouth doit revoir sa gamme en profondeur. Les années 1975 à 1990 sont celles du repli.

Chrysler multiplie alors le rebadging : des modèles quasi identiques circulent sous les badges Dodge, Chrysler et Plymouth, avec de simples variations de finition. Plymouth perd son identité propre, ce qui affaiblit durablement son image auprès des acheteurs.

Quelques modèles marquent encore cette période, comme la Volare ou la Reliant, des berlines sans éclat mais fonctionnelles. Plus tard, le Prowler tente un pari inattendu : un roadster néo-rétro au style hot-rod, produit de 1997 à 2001. Malgré son originalité, il ne suffira pas à sauver la marque.

Pourquoi Plymouth voiture a disparu en 2001 ?

La fin de Plymouth n’est pas un accident, c’est une décision stratégique de Chrysler. Le groupe possédait trop de marques qui se chevauchaient : Dodge, Chrysler et Plymouth proposaient souvent des voitures très proches, ciblant le même acheteur avec des coûts de structure doublés.

Chrysler choisit de recentrer son offre sur Dodge, Chrysler et Jeep, jugées plus rentables et mieux différenciées. Plymouth, redevenue une marque secondaire depuis les années 1980, fait les frais de cette rationalisation. La production s’arrête officiellement en juin 2001, après 73 ans d’existence.

Plymouth aujourd’hui : le marché collection en France

Ni la peine de se ruiner pour bien s’équiper en Plymouth, tout dépend du modèle visé. Les versions les plus recherchées restent les muscle cars : Barracuda 1970, Hemi Cuda et Road Runner trustent le haut du marché, tandis que les berlines d’avant-guerre restent accessibles.

Une Special Deluxe 1949 en bon état se négocie autour de 19 000 € en France en 2026, et une Deluxe 1939 monte à environ 34 500 €. À l’opposé, une 1970 AAR ‘Cuda à boîte 4 vitesses s’est vendue 106 000 dollars en février 2026 sur Bring a Trailer, un modèle produit à seulement 2 724 exemplaires pour homologation Trans-Am.

ModèleAnnéePrix observé
Special Deluxe194919 000 €
Deluxe193934 500 €
Fury VIP hardtop196913 000 €
Barracuda 170 cui197132 500 €
Cuda Restomod 392 Hemi197472 500 $
AAR ‘Cuda 4 vitesses1970106 000 $

Pour acheter en France, les sites spécialisés comme lesAnciennes ou ClassicNumber proposent régulièrement des Plymouth, souvent déjà importées. Une Fury VIP hardtop 1969 s’y trouve par exemple autour de 13 000 €, transport USA-France inclus. L’import direct depuis les États-Unis reste une option, mais elle demande de bien anticiper les frais de douane et de transport.

Modèles emblématiques Plymouth à connaître

Barracuda et ‘Cuda (1964-1974)

La Barracuda a évolué en dix ans, passant d’un coupé sportif compact à une machine capable d’accueillir le 426 Hemi. Les versions ‘Cuda haut de gamme, notamment 1970-1971, sont aujourd’hui les plus cotées de toute la production Plymouth.

Road Runner, GTX, Fury et Prowler

Le Road Runner mise sur le rapport puissance-prix, la GTX sur un positionnement plus premium. La Fury reste une valeur sûre du segment familial haut de gamme, avec des séries rares comme la Sport Fury GT, produite à seulement 66 unités. Le Prowler, lui, ferme la marche en 2001 avec un style totalement différent du reste de la gamme.

Conseils si tu veux acheter une Plymouth voiture

La rouille reste l’ennemi numéro un sur ces voitures des années 1960-1970. Concrètement, voilà ce qu’il faut vérifier avant tout achat : bas de caisse, planchers, points d’ancrage de suspension et bas de portières. Un contrôle sous le véhicule, au pont si possible, évite beaucoup de mauvaises surprises.

Un point souvent négligé : vérifiez que le moteur annoncé est bien celui d’origine (numérotation matching). Un faux Hemi coûte le prix d’un vrai à l’achat, mais se revend beaucoup moins cher.

Côté budget, il faut compter l’achat, le transport si import depuis les USA, puis une remise en état souvent nécessaire sur l’électricité et les trains roulants. Sur une Barracuda ou un Road Runner, prévoyez une marge de 15 à 25 % du prix d’achat pour les premières remises à niveau.

Si le budget Plymouth reste hors de portée, la Dodge Challenger d’époque partage les mêmes bases mécaniques pour un prix parfois plus doux. D’autres muscle cars concurrents comme la Ford Mustang ou la Chevrolet Camaro complètent les alternatives possibles pour qui cherche l’esprit des années 1970 sans viser une Plymouth voiture en particulier.

Ces articles pourraient aussi vous intéresser