Temps de lecture estimé : 5 minutes
Points clés à retenir
- Tenir son téléphone en main au volant coûte 135 € et 3 points.
- Le préfet peut suspendre le permis de 15 jours à 6 mois, au cas par cas.
- Support et kit mains libres sont tolérés, écouteurs et oreillettes interdits.
- Le feu rouge et l’embouteillage n’autorisent pas à prendre le téléphone.
- Une lettre de suspension se conteste vite, avec l’aide d’un avocat.
Ce que dit la loi sur le téléphone au volant
Tenir son téléphone en main en conduisant est interdit, que vous téléphoniez, lisiez ou écriviez. Le téléphone au volant coûte 135 € d’amende et 3 points, et depuis octobre 2026 il peut aussi entraîner une suspension du permis décidée par le préfet.
La règle tient dans l’article R412-6-1 du Code de la route. Il interdit l’usage d’un téléphone tenu en main par le conducteur d’un véhicule en circulation.
Tenir suffit, même sans appeler
Beaucoup pensent que seule la conversation est visée. Ce n’est pas le cas dans les faits : lire un message, taper une réponse ou simplement garder l’appareil dans la main suffit à être verbalisé.
Dans mon ancien atelier, on voyait ça tous les jours : des clients qui posaient leur téléphone sur la cuisse « juste pour le GPS ». L’agent n’a pas besoin de vous voir parler, il lui suffit de voir l’appareil en main.
À l’arrêt : feu rouge et embouteillage
Le feu rouge ou l’embouteillage ne vous dispensent pas de la règle. Le véhicule est toujours en circulation tant que le moteur tourne et que vous êtes sur la voie. Seul un stationnement réel, moteur coupé et véhicule rangé, change la situation.

Sanctions : amende, points et suspension
La sanction de base est une contravention de 4e classe. L’amende forfaitaire est de 135 € et le retrait est de 3 points sur le permis.
La suspension préfectorale généralisée
Une instruction a été envoyée aux préfets le 29 septembre 2026. Le gouvernement a annoncé le 2 octobre la généralisation à toute la France, avec une application constatée depuis le 5 octobre.
Le préfet peut suspendre le permis de 15 jours à 6 mois. Cette suspension n’est pas automatique : les médias parlent d’un examen au cas par cas, et la durée dépend de la situation du conducteur.
Cumul et décision du juge
Si le téléphone s’ajoute à un autre délit ou à une autre infraction, comme un excès de vitesse, les sanctions se cumulent. Le juge peut alors prononcer lui-même un retrait ou une suspension du permis, en plus de la mesure préfectorale.
Ce qui reste autorisé en voiture
Trois situations sont tolérées tant que le téléphone n’est pas tenu en main. Je les ai toutes testées sur mes propres véhicules, et la différence se joue souvent sur un détail de fixation.
- Le téléphone sur support : un appareil fixé pour servir de GPS n’est pas considéré comme tenu en main.
- Le kit mains libres : Bluetooth intégré, CarPlay ou Android Auto permettent de téléphoner sans toucher l’appareil.
- La commande vocale : elle évite de quitter la route des yeux, à condition de ne pas manipuler l’écran.
Écouteurs et oreillettes : interdits
Les écouteurs, oreillettes et casques sont interdits au volant. Le kit mains libres intégré au véhicule reste donc la seule option fiable pour téléphoner.
Un support mal fixé qui vous oblige à rattraper l’appareil en roulant vous met en infraction. Choisissez-le solide, placé hors de votre champ de vision direct.
Comment les infractions sont constatées
Le contrôle classique reste le flagrant délit : une patrouille vous voit, vous arrête et vous verbalise sur place. Les forces de l’ordre se placent souvent aux feux et dans les embouteillages, là où la tentation est la plus forte.
Les caméras de surveillance et la vidéo-verbalisation complètent ce dispositif. Les chiffres de l’ONISR pour 2023 montrent l’ampleur du phénomène : 612 782 contraventions pour téléphone ou autres distracteurs, dont 555 146 pour le téléphone tenu en main.
Le baromètre Axa Prévention de 2024 indique que 80 % des conducteurs déclarent utiliser leur téléphone en conduisant. L’écart avec le nombre de contraventions montre que beaucoup passent encore entre les mailles.
Pourquoi c’est dangereux
La Sécurité Routière indique que téléphoner multiplie le risque d’accident par 3. Lire un SMS le multiplie par 23, parce que le regard quitte la route plusieurs secondes.
L’OMS, citée par le ministère de l’Intérieur en 2025, évoque 30 à 50 % d’informations enregistrées en moins et un risque d’accident corporel multiplié par 4. Concrètement, vous voyez moins de choses et vous réagissez plus tard.
Selon le bilan 2023 de l’ONISR, l’inattention ou des distracteurs sont relevés chez 24 % des conducteurs impliqués dans des accidents corporels, avec 390 morts.
Que faire en cas de lettre de suspension
La suspension passe par un arrêté préfectoral qui vous est notifié. Lisez-le attentivement dès réception : il indique la durée, la date de début et les voies de recours.
Recours possibles
Vous pouvez contester la décision, et un avocat en droit routier est alors utile. Il examine la procédure, la proportionnalité de la durée et votre situation personnelle. Ne tardez pas : les délais de recours sont courts et indiqués dans l’arrêté.
Conséquences pratiques
Pour un professionnel de la route ou quelqu’un qui roule chaque jour pour aller travailler, la suspension peut peser lourd. Anticipez dès la lettre : covoiturage, transports, échange avec l’employeur. Dans mon expérience, ceux qui préviennent tôt s’en sortent mieux.
Bonnes pratiques pour ne pas décrocher
Quelques réflexes simples suffisent à éviter la tentation. Voici ceux que j’applique moi-même :
- Activer le mode « Ne pas déranger » dès que vous prenez le volant.
- Préparer l’itinéraire et fixer le téléphone sur son support avant de démarrer.
- Régler la musique et les appels sur le système mains libres à l’arrêt.
- Se garer pour répondre à un message urgent.
Si vous conduisez pour votre travail, convenez avec votre employeur et vos clients d’horaires pour les appels. Un passager peut aussi lire et répondre à votre place : c’est la solution la plus simple pour éviter le téléphone au volant.



